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Les charmes de Merseburg
Caché dans une église de Merseburg, dans l'actuelle région allemande de Sachsen-Anhalt, fut un jour trouvé un écrit très ancien. Ce texte écrit en Althochdeutsch (vieil-haut-allemand) date du 10è siècle et dont les sources remontent à environ 750 de notre ère. Ce texte a été composé donc à une époque où les Saxons païens s'affrontent violemment aux Francs chrétiens qui veulent les soumettrent et les convertir de gré ou de force. Les Francs finiront par abattre l'Irminsul sacrée des Saxons et les convertiront à force de massacres.
Ce texte a l'intérêt immense d'être un texte purement païen sans aucun rajout postérieur.
Voici une photo du texte original appelé codex 130 :

Ce texte est composé de deux parties et il s'agit de charmes à caractère magique.
Transcription du premier charme :
"Eiris sâzun idisi, sâzun hêra duoder.
suma hapt heptidun, suma heri lezidun,
suma clûbôdun umbi cuoniouuidi:
insprinc haptbandum, inuar uîgandun !"
Traduction :
"Autrefois les Idisi étaient assises, assises ici et là.
Quelques-unes ont attaché des liens [à l'ennemi], quelques-unes ont arrêté l'armée, [de l'ennemi]
Quelques-unes ont défait les liens:
Sautez les chaînes, échappez à l'ennemi!"
Les Idises (les Dises) font ici référence aux Valkyries qui sur le champ de battaille vont délivrer des guerriers afin qu'ils échappent à leur ennemi. Le charme magique en soi est la phrase "Sautez les chaînes, échappez à l'ennemi !"
Vu le contexte historique, on peut s'imaginer qu'il pourrait s'agir d'une des nombreuses luttes entre Saxons et Francs. Le texte se termine par une rune Hagal, qui invoque un certain pouvoir destructeur.
Le 2è charme de Merseburg est très intéressant car il fait référence directement aux Dieux du panthéon germanique.
Transcription :
"Phol ende Uuôdan uuorun zi holza.
Dû uuart demo Balderes uolon sîn uuoz birenkit.
thû biguol en Sinthgunt, Sunna era suister,
thû biguol en Frîia, Uolla era suister;
thû biguol en Uuôdan sô hê uuola conda:
sôse bênrenkî, sôse bluotrenkî,
sôse lidirenkî:
bên zi bêna, bluot zi bluoda,
lid zi geliden, sôse gelimida sin!"
Traduction:
"Phol et Wodan voyagèrent dans la forêt.
A ce moment le poulain du Seigneur Balder heurta son pied
et Sinthgunt lui parla, et Volla, sa soeur
et Fríja lui parlèrent, et Sun, sa soeur,
et Wodan lui parlèrent, pour qu'il puisse:
guérir les os, comme guérir le sang, comme guérir le bras
os à os, sang à sang,
bras à bras, comme enlacés!"
Il est clairement fait mention de Wodan, de Balder et de Frigg (Frija).
Phol selon certains serait un autre nom pour Balder, mais selon d'autres spécialistes, il s'agirait de Frey, et Volla sa soeur serait Freya.
Ce charme fait référence certainement à un texte mythologique plus complet dont nous n'avons plus de trace. En tous cas Wodan est dans ce texte le maître en magie car c'est lui avec l'aide des autres Dieux, qui va grâce à un charme guérir le cheval. Le charme proprement dit est "Guérir les os,.........., comme enlacés". Certaines bractéates du 5è et 6è siècles représentent Wodan en train de guérir un cheval, donc cela devait être à l'époque un sujet mythologique assez connu du peuple saxon. Voici une de ces bractéates :
Merseburg a conservé d'autres textes, christianisés eux, comme celui de l'évêque Thilo von Trotha qui font également référence à des concepts païens. Celui de l'évêque parlait d'un anneau sacré volé par un corbeau...
Hathuwolf Harson
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