Cactus ou la symbolique de Thorn


 

Nombreux parmi nos camarades sont ceux qui sont en butte aux moqueries, médisances, avanies en tout genre. Nous n’y prêtons guère attention, le païen n’étant pas naturellement prédisposé à l'attitude geignarde. Ceci étant, il faut bien répondre à nos détracteurs, surtout lorsque ceux ci usent et abusent de moyens déloyaux, calomnieux, mensongers, visant clairement à la dénonciation et au lynchage selon des techniques éprouvées..

Quelles sont en clair les accusations avancées par nos thuriféraires de la "bien- pensance", de la bienséance, du conformisme bêlant ?Examinons les tour à tour….

 - Secte, satanisme et déviances…
A notre époque d’hystérie judiciaire, de soupçon permanent généralisé, ce type d’accusation peut « tuer » dans tous les sens du terme. Or, une secte se définit par principe comme un groupe placé sous l’égide d’un gourou ou maître à penser présenté comme seul et unique détenteur de la « vérité », dont les méthodes d’endoctrinement ou plutôt de lavage de cerveau ainsi que les pratiques en tous domaines relèvent au mieux de l’escroquerie, au pire de l’esclavage. Rien n’est plus éloigné du paganisme. Pas de dogme, mais une volonté individuelle de recherche personnelle, donc pas d’inquisition, de gourou, de fatwa, de procès en hérésie…

Les procès en sorcellerie sous les chefs de déviances – sexuelles bien entendu – et de « satanisme » sont très prisés par nos petits Torquemada, ce d’autant plus que les nouveaux tropismes de la mode judiciaire se portent sur la chasse aux pédophiles ainsi qu’aux violeurs (pourquoi pas, après tout) et permettent à nombre d’individus peu équilibrés de projeter ainsi gratuitement et facilement leurs propres fantasmes (la dramatique plaisanterie d’Outreau est là pour nous le rappeler).

Rappelons toutefois que le satanisme est une vision inversée du christianisme, remis au goût du jour dans les années 60 par Anton Szandor La Vey dans un climat contestataire hostile à l’Amérique conformiste puritaine et belliqueuse des sixties (contestation undreground et guerre du Viet- Nam), mode reprise ensuite par les milieux dits « gothiques » liés à l’évolution musicale contemporaine (hard rock). Sur le plan doctrinal ce mouvement n’a guère produit grand chose, hormis les facéties de Marylin Manson au parfum très « grand guignol »,les pseudo provocations- profanations médiatisées, « à l’épate », sensées « choquer » le bourgeois dans un esprit « transgressif » qui ne choque plus personne de nos jours, et les modes passagères liées à la consommation de stupéfiants.

Soyons clair une bonne fois pour toute et disons le tout net ! Les (vrais) païens modernes n’ont rien à faire avec les gamineries dignes d’Halloween (même si elles peuvent s’avérer amusantes) et, s’ils ne se prennent pas au sérieux, sont en général bien plus équilibrés que la moyenne ! A défaut d’être d’horribles « petits saints », ce sont des gens sains, droits et solides, ou en tout cas tel est l’idéal qu’ils sont censés incarner. Le corps n’étant pas quelque chose de sale, la sexualité ne se vit pas comme un péché mais dans le respect du partenaire ou du conjoint, dont l’intégrité physique et morale doit être respectée, la « grande santé » dont parlait Nietzsche est recherchée, bref, rien à voir ni avec les punaises de sacristie ni avec les dégénérés postmodernes. De même nous ne confondons pas recherche spirituelle avec le bazar new age mercantile contemporain, tenant pour l’essentiel du charlatanisme ou de l’escroquerie revue par les modes californiennes. Lorsque nous sommes malades, nous consultons le médecin plutôt que de collectionner talismans et cristaux, même si l’aspect psychosomatique de la maladie en général ne nous est pas étranger….

- Racisme et néonazisme
Là aussi, nous avons affaire à l’accusation « qui tue », puisqu’il convient d’être toujours plus antiraciste… sauf en ce qui concerne le monde européen, (il nous est en effet donné le droit de nous détester en tant qu’Européens, mâles, etc….).

Au début des années 60 est paru, sous l’égide des sieurs Pauwels et Bergier, un petit ouvrage, le « Matin des magiciens », lequel présentait, entre autres, les racines dites occultes du mouvement national socialiste dans l’Allemagne tourmentée de l’entre deux guerres. Bien des ouvrages et articles se contentèrent par la suite de recopier les thèses présentées, à savoir que le Mal absolu, incarné par l’Allemagne du 3ème Reich, était en fait la préface de la venue de l’Antéchrist, par un retour à un néo-paganisme autant haineux que belliciste et criminel, initialement incarné par la société de Thulé. Peu importe la réalité historique, à savoir le mépris avéré d’Hitler pour les milieux odinistes, sa volonté de réaliser avec l’ensemble des églises catholiques et réformées une situation concordataire sur le modèle de celle réalisée par Mussolini dans le cadre des accords du Latran, peu importe que nombre de responsables des petites sociétés ésotériques et païennes florissant dans l’Allemagne de Weimar furent en réalité incarcérés, voire liquidés. Il n’y a rien à dire, rien à faire avec la bêtise, malgré force explicqtions, pas plus qu’avec la méchanceté, et comme le disait Nietzsche dans son Zarathoustra, « là où il n’y a plus rien à aimer, passe ton chemin ! ».

Notre position est pourtant simple. Si nous haïssons naturellement le projet mondial incarné par une société de type « Benetton », postulant la venue d’une humanité déracinée, dé-spiritualisée, « mélangée » afin de mieux subir les contraintes du capitalisme financier mondial, nous n’avons rien, bien au contraire, contre les autres civilisations et seront même à leur endroit bien plus curieux que les partisans des religions dites « d’amour »- détentrices de « vérité » - dont les méfaits ont engendré bien des catastrophes, bien des crimes et des massacres. Remémorons nous le massacre généralisé des Amérindiens, ou des Aborigènes en Australie, et renvoyons les cuistres à leurs chères études ! Notre Universalité est d’ordre spirituelle et n’implique aucun déracinement : nous respectons les shamans amérindiens ou sibériens, les prêtres vaudous, ou les guérisseurs maraboutistes, tout autant que les godis et les druides ! Nul besoin de présenter une typologie scandinave pour s’intéresser aux anciennes religions du Nord de l’Europe, et s’intégrer à nos petites communautés ! Nous n’avons que faire du « racisme de pissotière », mais nous ne nous « repentons » pas pour autant d’être nés Européens et blancs !

- Absence de sérieux.
A cours d’arguments, nos détracteurs finissent par nous dénier tout sérieux et toute consistance à notre démarche. Il est vrai que les païens ne se prennent que rarement au sérieux, tout en pouvant l’être lorsque les circonstances l’exigent, ce qui a effectivement pour effet d’agacer les cuistres, chose au demeurant parfois amusante.

Le « nouveau » païen est en fait un rêveur, souhaitant « ré-enchanter » le monde, en clair retrouver la magie, la poésie, la beauté intrinsèque de celui-ci. Il n’est pas sur terre pour se « racheter », ni « expier » quelque péché imaginaire, mais pour se réaliser par et pour sa communauté. Il aime les belles légendes, les mythes et épopées, qui ne sont pas moins « sérieuses » que la Bible, ni moins « légitimes » que l’autorité du pape. Il aime la Nature mais sans en faire une affaire comme nos petits Khmers verts écolos. Il aime aussi et surtout l’amitié, le courage, le clan, l’amour, la paillardise, le beau geste, la force bonhomme avec panache, et surtout le rire qui dégonfle les baudruches, bref tout ce qui paraît inutile voire nuisible à notre époque de déréliction et dé médiocrité, tout ce que déteste le Bourgeois depuis le 19ème siècle et encore plus à notre époque. Quant à la gravité des cuistres et autres tartuffes, et au faux sérieux du bourgeois il n’en a que faire. Ce monde lui est totalement étranger.
Alors un conseil, les amis, devant les accusations bouffonnes, l’éclat de rire Homérique des Dieux est encore le meilleur remède. Que la force des Ases et des Vanes soit avec vous, chers camarades ! 

Dragan Bathor, alias Pierre-Jean Bernard.